Dessins et gravures érotiques


Paul Émile Bécat - Dessins érotiques
Paul-Émile Bécat [?] - Dessin érotiqueLes circonstances dans lesquelles je mis la patte sur ce que je pense être des originaux de Paul-Émile Bécat seraient bien trop longues à exposer ici. L'époque était épique : nous étions en été 2006 et je ne souhaite pas en parler davantage.

Toujours est-il que sans la complicité d'un ami antiquaire, rien n'eût été possible. Il est bon de souligner que les professionnels de l'Art demeurent les indispensables compagnons des collectionneurs et des collectionneuses.

Mais tout d'abord, le peu que je sache, faute de temps pour aller gratter à l'Albertine, sur Paul-Émile Bécat. Né en 1885 et mort en 1960, Bécat n'est encore relativement connu que pour sa production érotique à ce que j'ai pu lire ici et là sur le web (ce qui n'est à l'évidence qu'une mise en bouche, bien évidemment). Il obtint le Grand Prix de Rome en 1920 et fut un familier de Gide, dont il exécuta le portrait. Je n'irai pas plus avant faute d'informations fiables.

L'un des trois dessins dont je suis désormais la très heureuse gardienne m'a immédiatement attiré l'oeil, lorsqu'il me fut proposé. Je ne savais plus guère où j'avais pu le voir mais j'étais sûre d'une chose : je connaissais cette patte. Il est vrai qu'entre les fort piètres reproductions photographiques dont j'avais le souvenir et le flamboyant coup de crayon que j'avais alors sous les yeux, le gouffre était immense. J'ai donc payé et suis partie, mes quatre dessins sous le bras. Trois, assurément d'un même artiste. Et le quatrième, le seul signé, toujours à l'instruction, bien qu'il soit certain qu'il ne s'agisse absolument pas d'un Bécat.
 
Paul-Émile Bécat : illustration pour Une Jeune fille à la page de Helena Varley (1938)

 
Dès mon retour à ma table de travail, je mis la bibliothèque sens dessus dessous, à la recherche d'un indice. Je feuilletai comme une perdue, jusqu'à ce que, au détour du Forbidden Erotica de Taschen, je tombe enfin sur une reproduction du tête-bêche qui venait de saccager mes finances. C'était bien cela... à quelques détails près. En étudiant attentivement la vignette, je pus constater que la composition différait. Pour ne pas parler des couleurs, impossibles à juger sur l'impression approximative du Taschen, qui a tout de même le mérite d'exister pour les néophytes sans le sou. Je n'étais pas plus avancée.

Je revins à mes dessins, n'osant trop croire à mon bonheur, à l'idée qu'il pût s'agir de dessins originaux. Je savais fort bien que le prix que j'avais payé, quoique fort élevé pour mes très modestes moyens, n'en était pas moins ridiculement bas, s'il s'avérait que j'avais bel et bien du Bécat entre les pattes. Et pas du gravé, mais de l'exemplaire unique.
 
Paul-Émile Bécat [?] - Dessin érotique Dès que possible, je me rendis chez le maître encadreur qui a toute ma confiance depuis de nombreuses années. Il compte d'autres collectionneurs parmi sa clientèle, sa réputation ayant franchi les frontières. Collectionneurs dont certains, tout comme moi, sont férus de curiosités. Aussi l'encadreur ne manqua-t-il pas de lever un sourcil particulièrement intéressé et admiratif lorsque je sortis mes acquisitions. Les palabres allèrent bon train : originaux, copies ou faux ? Nous étions d'accord, lui et moi, sur la qualité des dessins. Mais en l'absence de signature, que penser ? Et puis, ces différences entre les reproductions officielles du Taschen et les dessins que j'avais achetés ? Un des trois dessins, au moins, appartenait à la série des douze illustrations d'Une Jeune fille à la page (An up-to-date young Lady), paru en 1938, illustré par Bécat et écrit par une certaine Helena Varley (que différentes sources non vérifiées sur le web identifient comme étant Michèle Nicolaï). Quant aux deux autres, faute d'avoir pu consulter l'ouvrage, j'en fus réduite aux conjectures.

Mais loin de bouder mon plaisir, je me déterminai à faire soigneusement encadrer mes acquisitions et leur trouvai une place de choix dans mon bureau. Bécat ou pas Bécat, les trois + un dessins sont tout à fait à mon goût et je suis infiniment reconnaissante à mon complice antiquaire pour m'avoir permis d'héberger de telles merveilles.

Le tête-bêche, tout particulièrement, a toute ma tendresse.
 


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