Broderie inspirée d'Egon Schiele


 

Broderie érotique - Egon Schiele
Egon Schiele - Nu couché (broderie sur coton)

 

La toute première broderie érotique que j'aie réalisée, il y a bien des années de cela, était inspirée d'un dessin d'Egon Schiele, artiste autrichien qu'on ne présente plus (mais pour les curieux, un dossier est en ligne sur Le Monde des Arts).

C'est étrange, cette véritable fascination pour l'oeuvre de Schiele, alors que Van Gogh me flanque littéralement de l'urticaire. Cependant, j'ai renoncé depuis belle lurette à tenter d'expliquer mes propres lubies; il ne reste donc que le seul plaisir de broder Schiele et d'entrer, par une espèce de phénomène physico-psychique, dans un état de transe proche de la libération.

Schiele est un torturé, cela, toute la clique des historiens de l'art s'accorde à le répéter. Mais, pour moi qui repasse à l'aiguille là où il est passé à l'oeil et au fusain, il est évident que Schiele était surtout très énervé : par la ligne académiquement correcte, par les oeillères artistiques qu'on a voulu lui inculquer et surtout, surtout, par l'attitude infiniment méprisante envers les femmes qu'il était de bon ton d'adopter, à une époque où les seules fonctions socialement acceptables, pour elles, étaient d'être de bonnes épouses et de bonnes mères. Traduisez : des reproductrices dociles et silencieuses.

J'ai beaucoup brodé le modèle photographié ci-dessus et qui, curieusement, est presque impossible à trouver sur le web. Après avoir testé différents supports, différents fils et différentes combinaisons de couleurs, la version que je préfère est gris anthracite sur fond crème, avec quelques touches de vermillon à la vulve, aux tétons et à la bouche. J'ai également un gros petit faible pour la marmotte à pinceaux réalisée par mes soins pour Victor Sanchez : voir ci-dessous l'endroit et l'envers de l'ouvrage (que j'ai monogrammé).


Marmotte à pinceaux brodée inspirée d'Egon Schiele     Marmotte à pinceaux brodée d'après Egon Schiele - envers de l'ouvrage

Adapter Schiele sur une toile avec du fil, c'est un casse-tête permanent. La violence de ses esquisses est totale et absolument impossible à ré-interpréter. Pour tenter de m'approcher au plus près de cette violence, j'ai constaté avec stupeur que la meilleure méthode était de lisser le trait reproduit, en m'inspirant de l'académisme dont, justement, Schiele se démarquait si fortement, selon les sources autorisées. J'ignore ce qu'il faut en conclure, mais le fait est là : adoucir Schiele, c'est lui donner plus de puissance encore.
 


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